Actualité De Mossoul à l’entreprise BOUCHACOURT, le récit d’un parcours réussi !

De Mossoul à l’entreprise BOUCHACOURT, le récit d’un parcours réussi !

Professeur d’anglais originaire de Mossoul, Raji AL DOSHA est à présent un usineur passionné au sein de l’entreprise BOUCHACOURT à Vaulx-en-Velin, après avoir bénéficié d’un accompagnement global par le GEIQ Industrie Rhône. A la découverte du parcours atypique et semé d’embûches de cet Irakien de 27 ans.

Vous avez quitté l’Irak pour la France en 2015 avec un bac + 4 en poche, pouvez-vous raconter votre parcours ?

Après l’obtention de mon BAC+4 en anglais, je suis devenu professeur dans les écoles. Puis, durant 3 ans, j’étais superviseur des gaz toxiques sur les plateformes pétrolières ainsi que chef de secours. Ma maîtrise de l’anglais m’a permis d’être traducteur et de collaborer avec des entreprises canadiennes. Mais cette période était compliquée pour le pays, alors en 2015, j’ai décidé de rejoindre mon frère aîné en France.

Comment s’est passée votre arrivée en France ?

Au début, mon adaptation était difficile, je ne parlais pas français et les démarches administratives étaient compliquées. Heureusement, des organismes tels que l’OFFI et l’OFPRA* m’ont accompagné. Une fois mes papiers de réfugié politique en poche, j’ai suivi une formation de 4 mois pour apprendre les bases du français. Et puis, je me suis beaucoup amélioré en regardant des séries et des vidéos.

Qu’est-ce qui vous a amené à l’Ecole de Production Boisard ?IMG_19882

Dès mon arrivée, j’ai été actif, je voulais me sentir utile. J’ai accepté des emplois de jardinier et de brancardier. Des expériences qui m’ont été bénéfiques pour la compréhension de la langue, mais ce n’était pas forcément des métiers qui me convenaient. Puis, par le bouche-à-oreille, j’ai découvert l’école de Production Boisard et ses formations dans les métiers industriels. Je savais que suivre une formation et obtenir des compétences dans ce domaine était une chance pour que je puisse travailler durablement en France. A la suite d’un entretien avec le Directeur, j’ai intégré la formation d’usineur.

Connaissiez-vous le métier d’usineur ? 

Oui, je connaissais un peu ce milieu puisque j’avais un ami irakien usineur. Mais, j’ai découvert que le métier était très différent en France, qui exige des savoir-faire différents, plus techniques. Les entreprises Irakiennes ont beaucoup moins de moyens, elles ne peuvent pas s’offrir des machines numériques aussi sophistiquées. Donc, l’usinage est davantage manuel, plus traditionnel.

Comment s’est passé votre recherche de contrat de professionnalisation ?

C’était compliqué. Une nouvelle fois, la barrière de la langue m’a handicapé, surtout pour la rédaction de lettres de motivation. J’ai démarché trois entreprises, mais aucune n’a accepté de me prendre. Heureusement, j’ai pu être très rapidement mis en relation avec le GEIQ Industrie Rhône qui m’a accompagné et aidé dans mes recherches. Le GEIQ m’a présenté à Yann VUILLAUMIER, dirigeant de l’entreprise BOUCHACOURT. Au départ, il hésitait à me prendre en contrat. J’ai donc effectué un stage d’une semaine au sein de son entreprise pour lui montrer ma motivation et mon envie d’apprendre. C’est ainsi que Yann VUILLAUMIER m’a laissé ma chance en m’intégrant dans ses équipes pour ma formation.

Pouvez-vous nous parler de votre intégration dans l’entreprise BOUCHACOURT ?

Tout s’est très bien passé, les collaborateurs m’ont tout appris. C’est un métier qui demande du temps pour être assimilé, mais ils sont très patients et m’aident beaucoup. Ma curiosité est une force, je pose beaucoup de questions et le soir je lis pour en apprendre davantage sur le fonctionnement des machines et continuer de m’améliorer.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?IMG_1977

Aujourd’hui, je suis content ! En septembre dernier, j’ai signé un CDI dans l’entreprise BOUCHACOURT. Je suis régleur sur machine à commande numérique 5 axes et opérateur de machines. J’aime ce métier. Je découvre de nouvelles pièces tous les jours avec davantage de responsabilités. Le soir, je pilote trois machines ! Je me considère comme un sculpteur mais sur l’acier. Et surtout aujourd’hui, mon second frère marche dans mes pas. Il suit la formation d’usineur à l’école BOISARD et vient de signer un contrat de professionnalisation avec le GEIQ dans l’entreprise BOUCHACOURT. Notre prochain objectif est de faire les démarches pour obtenir la nationalité française et rendre à la France ce qu’elle nous a offert.

A propos du GEIQ Industrie Rhône :

Le GEIQ est un Groupement d’Employeurs qui sélectionne, recrute, et met à disposition, des salariés en contrat d’alternance. Il organise les parcours de formation pour ses salariés, et leur fait bénéficier d’un double tutorat. La finalité du GEIQ Industrie Rhône est d’amener ses salariés vers un poste réel et stable.

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*OFFI – Office Française de l’Immigration et de l’Intégration ; OFPRA – Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides.

Salome Gaudibert