Actualité EFS : une équipe avec des expertises uniques !

EFS : une équipe avec des expertises uniques !

Franck Barrere ancien cadre dirigeant dans l’industrie a repris en 2017 l’entreprise EFS, spécialisée dans la conception, la réalisation de systèmes de mesures. Il partage la stratégie qu’il a mis en place dans le cadre de cette reprise. Une reprise qui s’annonçait délicate mais qui a porté ses fruits. L’entreprise affiche une croissance de plus de 20% sur 2 ans.

 

Vous avez été cadre dirigeant pendant 30 ans dans des grandes entreprises industrielles, pourquoi avoir repris EFS ?Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette entreprise ? 

Depuis quelques années, j’avais envie d’entrepreneuriat mais avec une cible bien définie : une PMI industrielle innovante, avec une dimension internationale et un potentiel d’amélioration. Je suis très attaché à l’industrie de transformation et de production, et à l’innovation qui conditionne le maintien des emplois en France. Dans le cadre de mes recherches, j’ai rencontré en juin 2016 Monsieur Schmidt le dirigeant d’EFS, il partait à la retraite. J’ai été enthousiasmé par l’activité de l’entreprise spécialisée dans la conception et fabrication d’instrumentation et équipements industriels, des produits pointus, performants et innovants, de l’électronique de puissance aux objets connectés. Des produits pour la moitié en sur mesure qui n’existaient pas avant. Des produits dédiés exclusivement à des marchés de niches, dans le transport, l’automobile ; l’industrie de l’eau, mais aussi les travaux publics, ou encore l’industrie chimique.

Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette entreprise

Elle correspondait aux critères que je m’étais fixés : un potentiel de développement énorme et une équipe avec des expertises uniques. Les 72 collaborateurs dont 25 au bureau d’études étaient passionnés par la technique, avec un haut niveau de connaissance et une maîtrise des process d’innovation. Et puis, il y a le portefeuille clients, avec des grands comptes de dimension internationale, Schneider, Alstom… très fidèles à l’entreprise avec une vraie reconnaissance de ses expertises. Enfin la dimension « innovation permanente » liée à la typologie de nos produits sur mesure. Le seul point faible était l’historique financier. De fait, la reprise s’annonçait compliquée.

Comment avez-vous pu faire aboutir cette reprise ?

Somudimec et Rhône Dauphiné Développement, établissements financiers d’UIMM LYON-FRANCE ont joué un rôle important dans cette reprise. Ils ont été les leviers de l’opération. Je ne trouvais pas d’investisseur qui voulait me suivre. Rhône Dauphiné Développement s’est positionné sur le Haut de Bilan et Somudimec a garanti les emprunts auprès des banques. Ce qui a permis la reprise. Nous avons bouclé le financement en 6 mois et en mai 2017, j’ai pris la direction d’EFS.

Quelle stratégie avez-vous mis en œuvre ?

Deux approches stratégiques étaient possibles. Soit, nous devions ajuster la structure aux résultats, mais cela nécessitait beaucoup de casse au niveau RH, donc une fuite des expertises, ce que je ne voulais pas, car elles sont le cœur du modèle de l’entreprise. Soit, nous développions l’activité avec de nouveaux clients, de nouvelles affaires sur des cibles stratégiques. C’est ce deuxième axe que nous avons retenu. Nous nous sommes fixés un objectif de croissance soutenue. De 6 M € de CA lors de la reprise, nous visions 9 M€ à 3 ans. J’avais décelé un potentiel et je savais que c’est réalisable.

Votre premier axe stratégique prioritaire a été les RH et le social, pourquoi ?

Nous avons consacré la première année à l’équipe. Il était nécessaire de lui donner un cadre structuré d’organisation et de management. Au moment de la reprise, les collaborateurs travaillaient souvent de façon isolée, sans vision. Nous avons créé la notion d’équipe sur la base d’un projet fédérateur pour assurer la pérennité de l’entreprise. L’UIMM LYON-FRANCE nous a accompagné dans le déploiement de nombreuses actions et outils : un outil GPEC associé à une politique de rémunération et à la classification des emplois, une formation des managers aux entretiens annuels, un plan de formation, un CSE, la remise à plat des contrats de travail mais aussi du règlement intérieur et notamment du régime horaire qui était inexistant. Parallèlement un système de contrôle de gestion a été déployé. Et enfin, certains collaborateurs ont bénéficié de formations métiers proposées par l’Institut des Ressources Industrielles

Tout ce travail a constitué le socle de la culture d’entreprise, avec des valeurs et une vision qui ont été formalisées. Une nouvelle dynamique s’est mise en place. Bien sur, il y a eu quelques départs à la retraite et des départs volontaires. De 72 collaborateurs au départ, nous sommes passé à 63 aujourd’hui.

Et il y avait un deuxième volet de votre stratégie ?

Effectivement, en parallèle, nous avons travaillé sur la démarche commerciale. Pour garantir une structure constante, il fallait conquérir de nouveaux clients, développer de nouvelles affaires et améliorer notre performance. Là encore l’UIMM a été à nos côtés. Elle nous a ouvert son réseau et nous a recommandé à des contacts intéressants. J’ai pu intégrer une communauté d’industriels qui m’a ouvert des portes. Côté outils, nous avons investi dans un ERP, un nouveau système d’information, mis en place un atelier Lean Management, mais aussi améliorer nos process de production dans un cadre d’amélioration continue et avec l’implication de l’équipe.
Avec cette dynamique de réseaux et ces outils de pilotage, nous avons développé de nouveaux clients, amélioré notre performance et notre activité, et atteint nos objectifs commerciaux.

Aujourd’hui où en est EFS ?

Notre croissance a été très soutenue cette dernière année. Nous sommes aujourd’hui légèrement au-dessus de nos objectifs. Nous terminerons l’année avec un chiffre d’affaires de 7,5 M€ et avec des résultats positifs ! Nous venons également de décrocher pour nos nouveaux capteurs destinés aux réseaux de distribution d’eau, une subvention européenne dans le cadre du projet Horizon 2020, instrument PME. Sur 2050 candidats, 80 projets ont été retenus. Sont concernés par ce projet, les produits qui présentent une forte dimension sociétale et qui en même temps ont la capacité à faire grandir la PME.

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Maëlys BRUNET