Fondé en 2023 par le regroupement de 5 entreprises phares de la mécanique industrielle, le groupe Arcole est avant tout né de la conviction selon laquelle la mutualisation des compétences et des capacités d’investissement sont la voie du succès dans la compétition internationale. Entretien avec Hugues DELOCHE, Président – Directeur Général du groupe Arcole.

Hugues DELOCHE DMK7798Présentez-nous l’activité du Groupe Arcole.

Le Groupe Arcole est spécialisé dans la fabrication de composants mécaniques par procédé de découpage-emboutissage. Notre expertise technique et commerciale nous permet de produire des composants mécaniques en grande série tout en respectant des contraintes dimensionnelles strictes. Bien que notre secteur d’activité d’application le plus évident soit l’automobile, notre principal marché reste la machine-outil, et les applications sont infinies.

Parlez-nous de votre parcours au sein de ce groupe. 

Mon parcours professionnel peut être présenté en 4 grands chapitres.

J’ai d’abord rejoint la direction générale de BESACIER en tant que salarié, en 2013, avec pour objectif de redresser la situation de l’entreprise qui connaissait des difficultés financières. Société que j’ai rachetée en 2016.

J’ai ensuite entrepris une intégration verticale de la chaîne de valeur du métier avec comme ambition de racheter les fournisseurs de prestation les plus sensibles du secteur de la mécanique. Cela s’est concrétisé en 2019 avec l’acquisition de 3 sociétés : un usineur (FAUST), un fabricant d’outillage (OMS INDUSTRIE) et un bureau d’études (STAMPTECH INGENIERIE). En parallèle, j’ai racheté la société SODESE en 2018. Puis, fin 2022, j’ai investi dans la modernisation des outils de production pour accueillir des relocalisations depuis l’Allemagne, la Chine et le Japon, et développer une expertise dans la fabrication de plaques bipolaires pour la technologie hydrogène de la pile à combustible.

J’ai par la suite amorcé une nouvelle phase avec l’expansion du groupe au-delà de notre région, tout en continuant l’agrégation de sociétés dans le métier. En 2023, j’ai procédé au rachat d’un confrère en Normandie (PRECISION COMPONENTS INDUSTRIES), leader français dans le domaine du découpage fin, ce qui a permis de doubler le nombre de salariés du groupe ainsi que son chiffre d’affaires. En 2024, j’ai acquis l’entreprise PRECIDEC, qui fusionnera prochainement avec Besacier, et je prévois 3 autres acquisitions d’ici la fin de l’année.

Le dernier chapitre est plutôt un projet à ce jour, avec l’ambition d’étendre le groupe à l’international, notamment en Allemagne.

Le groupe Arcole compte actuellement 250 salariés répartis dans 6 sociétés industrielles.

Vous venez donc d’acquérir l’entreprise PRECIDEC. Pourquoi ? Comment avez-vous procédé ?

À vrai dire, mes opérations de rachat réalisées jusqu’à présent découlent du réseau clients et fournisseurs, du bouche-à-oreille.

Le rachat de PRECIDEC s’inscrit dans une logique d’intégration horizontale pour concentrer les acteurs du métier de découpage-emboutissage. En effet, notre métier étant encore très atomisé, nous manquons et manquerons de compétitivité en restant petit. À mon sens, il faut réussir à trouver une taille d’agilité pour rester compétitif en Europe de l’Ouest. Les entreprises de taille moyenne, entre 200 et 500 collaborateurs, ont la capacité de porter de grands projets, tout en conservant réactivité et frugalité.

Pour ce rachat, nous avons été accompagnés par un cabinet de conseil et avons bénéficié du soutien du pôle social d’UIMM LYON-FRANCE pour gérer la fusion à venir entre PRECIDEC et BESACIER.

Quelle est votre vision en tant qu’entrepreneur ? Comment envisagez-vous l’avenir ?

En tant qu’entrepreneur, j’essaye de bâtir un modèle qui ne dépende pas de la conjoncture.

Bien que notre secteur soit cyclique par nature, je m’efforce d’atténuer ces effets en diversifiant les secteurs d’activité dans lesquels nous intervenons tout en veillant à satisfaire au mieux nos clients.

Comme phrase de conclusion, je citerais Jacques Chirac qui, citant lui-même sa grand-mère, aimait à dire qu’« Il faut mépriser les hauts et repriser les bas ». En d’autres termes, nous devons être prêts à affronter les défis pour avancer et savoir ajuster notre modèle en cas de vents contraires.

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Votre contact :
Laurence JOUVE, Directrice Droit du travail
l.jouve@uimmlyon.com