Actualité Quand l’industrie, l’enseignement, et la recherche s’allient pour innover

Quand l’industrie, l’enseignement, et la recherche s’allient pour innover

L’innovation n’est pas réservée qu’aux grandes entreprises…elle prend aussi sa source au cœur des TPE et PME. Le programme IDEE leur permet de transformer leur idée en projet. Associant industrie, enseignement et recherche, c’est un accompagnement qui prépare concrètement la mise en œuvre d’un projet. Zoom sur deux expériences IDEE : Centrexpert et la SER.

De l’industrialisation d’un projet…

Centrexpert, 15 salariés, 2 M€ de chiffre d ‘affaires est une PME industrielle lyonnaise spécialisée dans la transformation de machines et d’équipements pour permettre leur utilisation dans des zones à risque d’explosion, appelées zones ATEX. Soumise à des normes européennes très exigeantes, l’entreprise évolue sur un marché de niche. « Nous avons déposé en 2017 un brevet sur un nouveau système de protection alliant une détection de gaz à un kit étouffoir à valve de coupure d’alimentation. Il est destiné aux moteurs utilisés en zones à risque d’explosion. Si le système détecte une forte concentration de gaz, il se déclenche et stoppe le moteur en cas de danger. Aujourd’hui, il existe sur le marché des clapets avec une vanne étouffoir « simple », sans détection de gaz, et notre projet consistait à fusionner ces deux systèmes avec une ambition :  mettre au point l’industrialisation. »

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… au développement d’un process de traçabilité

Dans le secteur des armoires électriques, le sujet de la traçabilité était dans l’air depuis quelques temps. La SER (Société Electrique du Rhône), 35 collaborateurs et un chiffre d’affaires de 10 M€, spécialisée dans la fabrication des armoires électriques a décidé de mettre en place la « traçabilité » de ses produits.

Evelyne BLANCHARD, présidente de la SER explique sa démarche :

« Nous fabriquons des armoires électriques à façon selon le cahier des charges de nos clients qui sont des installateurs nationaux comme SPIE ou Bouygues. La composition et le montage de ces armoires sont très complexes et jusqu’à présent disponibles sous forme de dossiers papier peu maniables. L’idée était qu’à partir de lecture d’un simple QR code posé sur les armoires, la SER, ses clients ou d’autres prestataires puissent avoir accès directement à l’ensemble du dossier de l’armoire électrique en un seul clic de façon à intervenir en cas de panne ou à réaliser des modifications si nécessaire ».

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Des élèves ingénieurs, accélérateurs de projet

Le principe du programme IDEE est simple. Il met en relation l’entreprise avec un expert, un enseignant chercheur et un élève dans le but de développer son projet. C’est un élève de l’INSA de Lyon, Stéphane Mathevet, qui a pris en charge le projet de Centrexpert, accompagné d’un enseignant et de l’UIMM LYON-France. Arrivé début 2018 dans l’entreprise, il a travaillé, en alternance, pendant 6 mois avec toute l’équipe et plus particulièrement avec l’ingénieur mécanicien, Clément Ducat. Corentin Gouret, Directeur Général de l’entreprise avait des attentes bien définies : « Il s’agissait tout d’abord de réaliser une analyse fonctionnelle du projet avant industrialisation en collaboration étroite avec notre équipe. Il a fallu choisir les matériaux du kit et travailler sur son design, sa forme. Notre objectif étant d’obtenir un produit en capacité à s’adapter à tout type de moteur. Stéphane Mathevet a assuré l’ensemble de la partie conception incluant les essais 3D et les calculs. Après validation du prototype, nous sommes passés à la phase recherche des sous-traitants capables de produire les solutions techniques validées ».

Du côté de la SER, trois élèves de l’ECAM ont travaillé sur le projet de traçabilité. « Comme ils ne connaissaient pas notre métier, nous leur avons consacré, pendant leur projet de 6 mois, de longs temps d’échanges. Ce qui nous a clairement permis de gagner du temps. Nous les avons également délégués sur des salons professionnels afin de réaliser du benchmark très utile sur ce dossier ».

Être patients pour prendre de l’avance

Chez Centrexpert, 10 prototypes ont été fabriqués et le process d’industrialisation finalisé sur le papier. Pour Corentin Gouret : « Tout est prêt, il ne reste plus qu’à appuyer sur le bouton, mais nous sommes encore en négociation avec notre partenaire anglais qui fabrique la vanne étouffoir, la deuxième partie de notre produit. Mais dans nos métiers, il ne faut pas avoir peur des temps longs. ».

L’idée s’est transformée en projet concret à la SER où le dossier était bouclé au moment du départ des élèves. « Nous avons mis en œuvre leur projet dans les deux mois qui ont suivis. Certains de nos fournisseurs travaillaient aussi sur l’idée de traçabilité, mais nous sommes sortis les premiers. » explique Evelyne Blanchard

Un programme qui gagne à être connu des TPE PME

Si l’aboutissement du projet a largement satisfait Centrexpert, son déroulement s’est également très bien passé. « Pendant la durée du projet, nous avons fait des points réguliers avec notre élève, son tuteur de l’INSA et Patrice Grolier de l’UIMM. C’était très intéressant de pouvoir partager nos points de vue. Et j’ai été agréablement surpris par l’approche du professeur de l’INSA très attentif au modèle économique du projet ». Corentin Gouret a également apprécié de pouvoir profiter du laboratoire de l’INSA de Lyon.

Evelyne Blanchard qui a découvert cette approche, a apprécié l’ensemble du programme, mais aussi le diagnostic amont réalisé par l’UIMM LYON qui a abouti à la proposition du programme IDEE. « Cet audit est un vrai plus. Pour moi, il faudrait davantage valoriser le programme auprès des TPE PME. C’est un programme qui gagne à être connu ! Et puis, nous pensons déjà à la suite. Demain, nous voulons développer un projet sur la maintenance et notamment la maintenance prédictive ».

 

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Allison Caumette