Directrice Générale du Groupe Gonzales et nouvelle Présidente de l’iri*, Caroline DELLOYE veut replacer l’industrie au cœur des choix d’orientation et de reconversion. Convaincue que la filière industrielle est à la fois le moteur économique du pays et un formidable espace de sens et d’engagement, elle porte une ambition simple et lumineuse : ouvrir les yeux, ouvrir les portes, et donner envie à une nouvelle génération de franchir celles de nos ateliers.
Vous avez pris la présidence de l’iri au début de l’été. Qu’est-ce qui vous anime ?
Mon ambition est claire : attirer plus de jeunes vers notre CFAI et accompagner davantage d’adultes en reconversion dans notre AFPI. L’industrie a besoin de talents, et nous avons tous les atouts pour les accueillir : des centres de formation d’excellence, des entreprises remarquables, des parcours riches et concrets.
Je veux que chaque jeune en quête de voie, chaque adulte en recherche de rebond, pense spontanément à l’industrie. L’industrie doit redevenir un réflexe d’orientation. Pour cela, nous devons informer, inspirer, acculturer les jeunes, les professeurs, les parents, les conseillers, les adultes en reconversion. Faire aimer nos métiers est une mission collective.
Et j’invite les industriels à s’impliquer : allons dans les classes, accueillons des enseignants en immersion, soyons visibles dans les médias, travaillons avec France Travail. Faisons de chacun de nous un ambassadeur de l’industrie.
Pourquoi est-il essentiel d’acculturer la société à l’industrie ?
Parce que l’industrie, c’est le cœur battant du futur. La santé, l’alimentation, la mobilité, l’énergie, le numérique… rien n’existe sans elle. Et si nous voulons construire un monde plus vert, plus sobre et plus souverain, c’est par l’industrie que cela passera.
Il faut sortir de l’image dépassée de « l’usine des temps modernes ». Notre industrie est innovante, technologique, utile, responsable. On n’y entre plus par défaut : on y entre par conviction, parce qu’on veut contribuer à quelque chose qui compte.
Quelles actions concrètes porterez-vous à l’iri ?
Nous travaillons étroitement avec la chambre syndicale, et nous allons encore renforcer ces synergies autour d’un même cap : fédérer, promouvoir, valoriser. L’objectif est clair : mieux coordonner les initiatives existantes et les faire rayonner.
Les pôles formation de l’UIMM sont de véritables pépinières de talents. Leurs programmes sont bâtis avec et pour les industriels, et nos ateliers offrent des conditions d’apprentissage réelles et exigeantes. Il faut que cette valeur soit pleinement reconnue par les entreprises comme par les publics que nous accompagnons.
D’autres outils viennent compléter cette dynamique :
- La plateforme « Forindustrie, l’Univers Extraordinaire », qui parle aux jeunes avec leurs propres codes ;
- Et bientôt, au sein de l’iri, « D’École l’Industrie », un espace immersif pour tester, manipuler, expérimenter nos métiers.
Enfin, je souhaite poursuivre avec force le développement de l’alternance et de l’apprentissage, car c’est dans l’entreprise que naissent les vocations.
Quel message adressez-vous à ceux qui envisagent l’industrie, jeunes comme adultes ?
Ne vous arrêtez pas aux clichés. L’industrie, ce n’est pas le noir et le bruit. C’est l’innovation, la transition énergétique, la souveraineté, l’avenir. C’est une voie de fierté et de sens.
Ce secteur offre des carrières solides, évolutives et humaines. On y apprend, on y progresse, on participe à des projets qui transforment le quotidien. L’industrie, c’est une véritable aventure humaine et technologique, pas une voie de repli.
L’industrie est la garantie d’un avenir stable pour tous, nous devons la rendre visible, désirable et accessible. C’est maintenant que cela se joue, et c’est ensemble que nous y arriverons.
*iri : institut des ressources industrielles (centre de formation aux métiers industriels créé par UIMM LYON-FRANCE en 1961 qui regroupe le CFAI Lyon et l’AFPI Lyon)