En septembre, UIMM LYON-FRANCE a désigné deux nouvelles entreprises, BOBST et MIL’S, pour représenter les industriels au sein du Conseil d’Administration de l’institut des ressources industrielles (iri). Cette nomination est l’occasion de revenir sur le rôle essentiel des mandataires industriels et les enjeux traités au sein de cette instance au travers, notamment, le témoignage d’Antoine MOUSSALLI, Président de MIL’S.
Le Conseil d’Administration de chaque association est l’instance de décision. Il est investi des pouvoirs les plus étendus qui ne sont pas réservés à l’Assemblée Générale pour gérer, administrer et disposer de ses biens. Il guide l’orientation des actions et valide les activités.
Celui de l’institut des ressources industrielles se réunit trois fois par an, ainsi qu’une fois lors de l’Assemblée Générale. Il est composé de :
- Membres de droit, désignés par UIMM LYON-FRANCE
- Membres associés, représentants d’organisations professionnelles impliquées dans l’association
Les enjeux de l’institut des ressources industrielles pour les années à venir nécessitent plus que jamais de disposer de mandataires issus du monde industriel pour orienter, conseiller et accompagner les équipes dans la validation des besoins des industries et des offres de services aux industries ainsi que dans les choix et la conduite des actions prioritaires afin d’apporter les meilleures réponses aux attentes des industriels.
En tant qu’acteurs du secteur, ces mandataires apportent une vision précieuse, fondée sur leur connaissance des évolutions du marché, des avancées technologiques, des transformations organisationnelles, mais aussi de l’environnement économique et social. Ils sont également témoins des mutations dans les emplois et compétences au sein de leur secteur d’activité.
Leur position de dirigeants leur permet d’enrichir les réflexions stratégiques du Conseil, et d’apporter un éclairage concret sur les décisions touchant au positionnement, à l’organisation et au fonctionnement de l’iri.
Enfin, il est important de souligner que ces mandataires ne défendent pas seulement les intérêts de leur propre entreprise. Ils sont les porte-parole d’un collectif, désignés par UIMM LYON-FRANCE pour représenter la politique emploi et formation de la branche industrielle.
J’ai eu l’honneur de rejoindre le Conseil d’Administration de l’institut des ressources industrielles (iri) pour donner suite à la sollicitation de la chambre syndicale.
Comme « industriel », il me semble essentiel que je puisse participer aux discussions et décisions stratégiques des établissements de formation avec un objectif : celui d’assurer une adéquation continue entre l’offre et les besoins réels du marché.
L’une des grandes forces du Conseil d’Administration de l’iri réside dans la diversité des entreprises intégrées : toutes tailles et différents secteurs de l’industrie y sont représentés. Je vois cette adhésion comme l’opportunité de porter la voix des PME sur les difficultés rencontrées dans la recherche de talents.
Lors de ma première participation au Conseil d’Administration, le 17 septembre dernier, j’ai pu assister à la présentation des activités de l’entreprise BOBST par Benoit POTIN. Ce qui en ressort c’est que nous faisons face aux mêmes enjeux et aux mêmes problèmes : recrutement et formation.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Ce phénomène est amplifié par une image encore trop négative du secteur de la métallurgie. Ce décalage entre la perception du grand public et la réalité de nos métiers rend difficile l’attraction des jeunes vers nos formations et, par extension, vers nos entreprises. Pourtant, une fois nos jeunes intégrés dans l’Industrie, ils s’y épanouissent et ils y restent !
Comment faire pour attirer davantage ? Nos métiers sont techniques et nécessitent une formation solide en amont. Ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres secteurs économiques.
Lors de cette première réunion, le bilan de l’année écoulée a été présenté et a mis en lumière les efforts déployés pour promouvoir les différentes offres de formations au sein de l’iri. Ceux-ci sont pertinents et ciblent bien les besoins de l’entreprise. Cependant, et c’est l’un des aspects que je ne connaissais pas avant d’intégrer le Conseil d’Administration de l’iri : nous devons faire face à une concurrence exacerbée sur le marché de la formation. Nos jeunes se trouvent souvent perdus devant la multitude d’offres proposées. Le taux d’échec est important. Nombreux sont ceux qui abandonnent le cursus initialement choisi. Ce qui signifie que nos jeunes sont souvent mal orientés. Il paraît nécessaire que nous réfléchissions collectivement à d’autres moyens pour mieux valoriser et mettre en avant ce qui est proposé par la métallurgie.
J’ai moi-même été confronté à cette situation en intervenant dans les collèges de mes enfants. Je me rends compte que les métiers de l’industrie leur sont totalement inconnus. Il est nécessaire d’utiliser d’autres vecteurs pour ramener nos jeunes vers les métiers de l’industrie. Il faut leur montrer l’évolution de nos métiers : un environnement de travail modernisé, sécurisé et agréable, des outils de production à la pointe et surtout des emplois stables sur le long terme. Je perçois une dynamique particulièrement forte au sein du réseau UIMM LYON-FRANCE, bien plus marquée que dans d’autres organisations.
Pour réattirer nos jeunes vers les métiers de l’industrie, des initiatives comme la plateforme « Forindustrie, l’Univers Extraordinaire » ou des événements comme la Compétition des Métiers WorldSkills sont des leviers pertinents. Il faut utiliser leurs codes et leur langage pour communiquer avec eux et ainsi mettre en avant l’excellence de notre secteur.
Il y a une seconde problématique à laquelle est confrontée la métallurgie et plus généralement toute l’industrie : c’est la mobilité.
Nos entreprises sont souvent situées en périphérie des centres urbains. Elles sont par conséquent mal desservies par les transports en commun. Nos jeunes n’étant généralement pas véhiculés sont confrontés à la question du « dernier kilomètre » : pas d’offre de transport efficiente entre l’arrêt de bus et l’entreprise.
Il est indispensable de renforcer les actions conjointes avec les collectivités locales pour améliorer cette situation.
Nous avons de belles entreprises dans la région et je ne doute pas que nous réussirons collectivement à réenchanter nos métiers et à attirer de nouveaux talents.
Antoine MOUSSALLI, Président de MIL’S
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