Créée en 1932 et implantée à Meyzieu depuis 1972, l’entreprise Usines Desautel fait partie du groupe Desautel, présidé par Jérôme DESAUTEL. L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) a récemment remis une médaille à l’équipe pour son projet « Santé et Performance ». Entretien avec Sophie SANCHEZ, Responsable Qualité et Responsabilité Sociétale du site, autour de la démarche d’amélioration de la sécurité au travail menée par l’entreprise.

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L’équipe récompensée pour le chantier « Santé et Performance »

 

Présentez-nous l’entreprise et votre rôle, ainsi que celui de votre équipe

Le site de Meyzieu, où sont conçus et fabriqués plus 560 000 extincteurs par an, emploie 78 personnes, dont 22 aux services administratifs et techniques et 56 en production. J’y travaille depuis 14 ans en tant que Responsable Qualité et Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (QRSE) et je suis en charge de la partie réglementaire et des certifications. Depuis 2 ans, une Animatrice Hygiène Sécurité Environnement (HSE) nous a rejoints pour renforcer le suivi des actions de prévention sur le terrain. Cependant, il est important de souligner que les sujets QRSE sont portés par l’ensemble du personnel dans le cadre de notre système de management intégré certifié ISO9001 (Qualité), ISO14001 (Environnement), ISO45001 (Santé, Sécurité), ISO50001 (Énergie), et évalué annuellement par ECOVADIS (RSE).

Pourquoi et comment votre entreprise a-t-elle mis en place une démarche d’amélioration de la sécurité au travail ?

Les étapes de fabrication d’un extincteur combinent diverses opérations, comme le soudage du réservoir, le contrôle sous pression et l’assemblage. Avec l’augmentation de la production, de nombreuses opérations ont été automatisées et les métiers ont évolué. Depuis 2010, nous avons mené des études ergonomiques et des enquêtes sur le bien-être au travail, ainsi que des actions et des investissements pour réduire les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS) et les risques psychosociaux (RPS).

En 2019, la Carsat a proposé de nous accompagner sur ces sujets dans le cadre du programme TMS pros, et nous avons reçu un financement de la Région Auvergne Rhône-Alpes. L’intégration des dimensions de performance et de prévention des RPS était déjà pré-sentie.

Ainsi, début 2020, malgré la crise sanitaire, nous avons démarré le projet avec un îlot pilote. Deux pilotes issus des services (RH et Méthodes), un comité de pilotage et de suivi impliquant plusieurs services (QRSE, Maintenance, Production, CSE/CSSCT) et des partenaires externes (Carsat, Région Auvergne-Rhône-Alpes, consultants, médecin du travail, et intégrateur de machines spéciales) ont été mis en place. La Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) a été nommée comité de surveillance de la démarche. Puis, la direction s’est positionnée comme le sponsor de la démarche et s’est assurée que les moyens matériels et humains soient adaptés afin que le projet progresse correctement.

La démarche a été intégrée dans le management de l’usine, rattachée au processus « Développer les moyens de production » et donc animée par le service Méthodes qui a élaboré une boite à outils. L’organisation mise en place a permis d’aboutir à une démarche d’amélioration continue participative (autonomisation) pour ensuite être déployée dans d’autres îlots ou services (production et logistique) en l’adaptant à la taille de chacun et en tenant compte de la charge de travail qu’elle engendre chez les agents de maitrise et services supports.

Vous avez récemment reçu une médaille pour valoriser les participants au chantier « Santé et Performance » mené au sein de votre entreprise. Que représente-t-elle ?

Cette médaille, remise par l’INRS, récompense une contribution significative dans la prévention des risques professionnels. La Carsat nous a incité à soumettre un dossier à l’INRS pour la démarche particulièrement innovante que nous avons menée. Les médailles d’or et d’argent étant généralement attribuées à des individus, nous avons reçu une médaille de bronze, qui valorise les initiatives collectives en matière de sécurité au travail.

Maintenant que ces mesures sont instaurées et même récompensées, comment ont-elles été perçues par les salariés ? Quels sont les impacts au quotidien ?

Cette démarche participative et continue a permis d’améliorer à la fois la santé des employés et la performance de l’usine. Elle a favorisé le dialogue au sein des équipes et entre les services. Les opérateurs se sont approprié le processus et les équipes sont devenues plus autonomes. Les encadrants et les services supports ont gagné en compétences et les outils mis en place sont adaptés pour traiter les sujets prioritaires sans lourdeur documentaire.

Vous aussi, vous souhaitez mettre en place une démarche globale de prévention des risques, vous assurer de la conformité de votre site ou devenir autonome dans la gestion de votre organisation en matière de Santé Sécurité Environnement ? Contactez Luc AUDINET, Chargé de prévention Santé Sécurité Environnement, à l’adresse : l.audinet@uimmlyon.com.

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