« Je ne me suis jamais dit : ce n’est pas pour moi. »
Cette phrase, Nadia pourrait la prononcer aujourd’hui sans hésiter. Comme Mathilda et Anna, elle fait partie de ces femmes qui exercent dans la métallurgie du Rhône, un secteur encore largement masculin, et qui y tracent leur voie avec conviction.
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Mathilda : “Je me suis sentie à ma place tout de suite” Manager d’équipe en cybersécurité industrielle chez Alstom, Mathilda n’avait pas, à l’origine, imaginé faire carrière dans l’industrie. « Rien ne me prédestinait à ce métier. Et pourtant, dès mon arrivée, je me suis sentie à ma place. » Aujourd’hui, elle pilote des équipes sur des sujets de haute technologie et mesure l’enjeu de la représentation féminine. « On manque clairement de talents féminins. Alors j’essaie, à mon niveau, de montrer aux collégiennes et aux lycéennes à quoi ressemble vraiment mon quotidien. L’industrie, ce n’est pas ce qu’on imagine. » |
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Nadia : “Il ne faut pas s’auto-censurer”
Chez GE Vernova, Nadia est responsable d’un centre d’essai. Douze ans d’expérience dans un environnement historiquement masculin, qu’elle aborde avec une détermination tranquille. « J’ai toujours suivi mes envies professionnelles, sans me poser la question de savoir si c’était un métier de femme ou d’homme. » Pour elle, le principal frein n’est pas le secteur lui-même. « Travailler dans l’industrie n’est pas plus difficile qu’ailleurs. Il faut surtout avoir confiance en ses compétences et oser. » |
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Anna : “Il faut s’affirmer”
Agent technique de rectification chez Montabert, Anna assume pleinement son choix professionnel. « On m’a parfois fait comprendre que ce métier n’était pas fait pour moi. Mais dans l’industrie, ce qui compte, c’est le savoir-faire. » S’affirmer, prendre sa place, faire ses preuves : une réalité qu’elle vit au quotidien. « Quand on maîtrise son métier, le regard des autres change. »
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Rendre visibles celles qui font l’industrie
Ces témoignages rappellent une réalité chiffrée encore contrastée : les femmes représentent aujourd’hui 22,7 % des effectifs dans la métallurgie, et moins de 30 % dans l’ensemble de l’industrie.
C’est pour accélérer cette évolution que l’UIMM porte la campagne nationale « Tu as ta place », lancée en janvier 2025. Son objectif : donner à voir des parcours féminins concrets, inspirants, et casser les stéréotypes persistants.
« Voir des femmes en poste, ça change tout. On se projette. » (Mathilda)
Une industrie qui a du sens
Derrière ces parcours, l’industrie d’aujourd’hui offre :
- des métiers qualifiés et de plus en plus digitalisés,
- des rémunérations attractives (13 à 15 % supérieures à la moyenne à compétences égales),
- des parcours professionnels évolutifs,
- et un engagement direct dans les grandes transitions énergétique, numérique, environnementale et sanitaire
Faire progresser la mixité, concrètement
L’UIMM s’est fixé un cap clair : faire passer la part des femmes dans la métallurgie de 23 % à 33 % d’ici dix ans.
Partenariats, sensibilisation, accompagnement, lutte contre les stéréotypes : chaque levier compte.
« Si mon parcours peut donner envie à une seule jeune fille de se lancer, alors ça vaut le coup. » (Nadia)
À écouter aussi
Les témoignages de Mathilda, Nadia, Anna et d’autres femmes de l’industrie sont à retrouver en podcast :
